Les hortensias bleus, têtes baissées annoncent le grand
tourment
Dans le ciel mouvementé délicatement s’ouvre la rose des vents
Molène et Ouessant se parent de dentelles blanches humides
D’un voile de volupté, Eole habille quelques nuages timides.
De la mortelle Iroise, gris bleue, monte une colère contenue
Qui chavire ton cœur, le déshabille, et met ton âme à nue
Les îliennes savent que ce soir Amphitrite sera leur ennemie
Pour assouvir ses désirs maudits, certains paieront de leur vie.
Au gré des hauts vents qui roulent sur le cri du tonnerre
La terrible colère d’Aranis couche au sol les fumeterres
Les vagues dressent leurs crêtes pour capturer les éclairs
Qui dans un chorus métallique déchirant, s'ornent de vair
De ses griffes, la tempête lacère les voiles telle une tigresse
Les nefs roulent bord sur bord comme prise soudain d’ivresse
En furie, les vagues diaboliques semblent engloutir le ciel
Sombre nuit emplie des sanglots des bourrasques torrentielles.
Quand s’élève la chanson du vent portée par la mer
Les harpes des haubans des plus grands steamers
Te murmurent que sur la mer, chaque instant se vit
Tu rayeras sa surface de tes rêves à jamais inassouvis.
Quand une plume de vent croise une plume de mer
Françoise et Thierry
21 octobre 2008
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