Texte Libre

Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /2009 23:00


Article écrit par Fransua et illustré par Toujours plus (merci Magali pour le prêt de tes photos)

Mercredi dernier

Rendez-vous hôpital 12 H 30 ! Très peu dormi, pas mangé, anesthésie oblige

Bon, le jeune homme arrive dans la chambre ! On y va ?

-          Ben oui

-          Docteur M…

-          Oui 

Sur mon lit à roulettes que pilote avec dextérité mon chauffeur qui a du métier, une petite visite des couloirs, des ascenseurs, de la salle d’opération, il est charmant mon taxi. Il me dit alors qu’on arrive, c’est bizarre vous ne trouvez pas, cela sent le pain grillé ..........................................................................................................

Le pain grillé ?

 Depuis quand le corps humain sent le pain grillé ?

Surviennent dans ma tête d’autres images……………

 

 Mon premier voyage.

C’était  en Inde ! 21 ans, ma première escapade à l’étranger, je sortais de la banlieue de Dunkerque, petite famille assez protégée, première rébellion pour connaître la vraie vie.

Pas question que les parents me payent le voyage alors, je fais des saisons de cueillettes de fruits et j’amasse suffisamment pour partir !

Comme on est fier quand on monte dans l’avion pour la première fois ! 17 Heures de vol, arrêt forcé à Damas, les mitraillettes sur le toit de l’aéroport, je ne les vois même pas, toute excitée de ce voyage !  Les militaires partout n’ont pas vraiment l’air sympa non plus et on se retrouve avec un gros problème, pas de correspondance, des retards, bref les galères des vols charters il y a plus de 20 ans et dans ce pays t’as pas vraiment envie de réclamer, d’ailleurs il y a pas de bureau de renseignement, pas de cafétéria et pas le droit de sortir puisque t’as pas de visa, 12 heures dans l’aéroport, que du bonheur, comme on est insouciant à 20 ans !

 

Bon, on arrive à New Delhi, c’est mieux que Bombay car j’ai rencontré un  gars qui n’osait même pas sortir de l’aéroport quand il a vu la marée humaine derrière les vitres de l’aéroport ! Oui difficile à imaginer, on arrive en bas, on récupère ses  bagages et on lève les yeux pour voir une nuée à l’étage supérieur penchée vers les voyageurs à travers les baies vitrées et je peux vous dire qu’ils sont nombreux et ils n’ont rien d’autre à faire que d’attendre les touristes. J’ai du mal à décrire ce ressenti et le pire est le flot de mendiants qui vous attendent pour de vrai dès que vous franchissez la porte pour la vraie vie. J’aime bien ce terme VRAI car ici il prend toute sa valeur et ce voyage a changé ma vie pour de vrai !

 Je n’étais pas préparé à la misère que j’allai découvrir, ben oui, je savais où j’allais et même s’il y avait pas internet, je m’étais quand même rencardée. Le plus dur fut de voir la pauvreté et le nombre de miséreux.

J’oserai parler  de cour des miracles, c’est exactement cela car ils sont si nombreux et comme y a pas de sécu et pas de chômage, cela fait du monde sur les bancs de la misère ! Ils s’organisent en bandes et ne se mélangent pas, les intouchables aux pieds nus d’un coté, les infirmes de l’autre et les lépreux à part. Jamais je n’en avais vu et quand ils s’agrippent à tes vêtements pour te mendier une roupie ou une cigarette, tu ne peux pas rester insensible ! Ce sont eux qui m’ont le plus impressionné, de voir les plus valides transporter sur des espèces de charriots qui ressemblent plus à des planches à roulettes les plus atteints car il s’agit de la lèpre qui ronge et certains n’étaient presque plus que des troncs humains ! Jamais je n’oublierai ces images !

 


















la route de notre périple en bus et train

Episode 2
(Ah oui, et le pain grillé ? Il dore au four ! )
Cétait notre 4ème mois de voyage, nous étions partis de New Delhi et on avait suivi la côte jusque dans le Kerala où nous avons continué la descente sur les canaux et ce fut les plus beaux paysages que j’ai vu avec ceux du Rajasthan.

Arrivés à la pointe de Kanyakumari, nous avons pu admirer la jonction de deux océans et voir le lever du soleil et le coucher  sur 2 mers différentes et presque du même endroit, ce fut magique. Je voudrai dire que là-bas ya pas la télé comme chez nous alors le coucher du soleil est l’émission préférée des indiens et il y a du monde sur les plages !

Nous avons commencé à remonter l’autre versant du pays mais arrivés à Madras,  nous nous sommes rendus compte que nous n’avions  plus assez d’argent pour continuer, et nous en avions laissé une partie en traveller’s à l’ambassade de Delhi pour aller ensuite au Népal nous avions juste assez pour prendre un billet jusqu’à New Delhi et il fallait presque traverser toute l’inde (72 heures de train dans des wagons brimbalant de partout, dormir assis sur des bancs de bois, en plein courant d’air puisque ce sont des barreaux qui remplacent les fenêtres).

Nous attendions dans la gare le départ du train et on guettait l’annonce du quai au haut parleur car c’est une énorme gare qui grouille comme une fourmilière et avec tant de bruits que j’avais vraiment du mal à comprendre la voix en Anglais et la catastrophe s’est produit, j’ai confondu thirty et thirteen et pendant que nous attendions le train voix 13, il est parti voix 30 et j’ai rien vu parce que la voix était à l’extérieur de la gare principale. Coup de panique, je cherche un contrôleur, lui explique que nous avions raté le train et il m’envoie dans un bureau où il y avait au moins 50 personnes devant moi. Après un moment très long le mec au guichet change mes billets et me demande  l’équivalent de 50 $ à rajouter pour les nouveaux billets. Je deviens blême, il ne nous restait rien sur nous juste de la monnaie qu’on avait gardé pour le voyage en attendant de retrouver nos sous à l’ambassade !

Je ressors du  bureau dépitée et annonce avec joie la nouvelle à mon ami et déjà que cela me pesait de devoir parler pour deux car il ne parlait pas un mot d’anglais, alors là ce fut le comble !

Nous sommes restés 3 jours et 2 nuits dans la gare de Madras à faire la manche et à dormir au milieu des mendiants et des lépreux  pour récupérer cet argent. Je racontais inlassablement mon histoire aux touristes que j’apercevais mais ils me fuyaient comme la peste en me prenant pour une droguée qui faisait la manche (j’en ai vu moi aussi qui sont restés dans ce pays, ont vendu leur passeport et sont tombés à 2 pieds joints dans l’héroïne). Quand aux indiens, ils souriaient et me regardaient d’une mine désolée et les mendiants nous insultaient et essayaient de nous piquer nos affaires, alors il fallait dormir à tour de rôle ! J’ai cru que nous allions rester dans cet enfer et à la fin, je pleurai de rage d’être dans cette galère pour 50$ alors que nous en avions plus  400 qui nous attendait. Je crois que nous n’aurions jamais réussi à trouver cette somme car nous ne récoltions rien ou des piécettes ! Heureusement un ange est passé, elle m’a écoutée, était méfiante mais je crois qu’elle a senti mon désespoir, elle était allemande, elle m’a dit :

- je ne sais pas si ton histoire est vraie mais je prends le risque de te donner 45 $ et quand tu arrives à Delhi, tu me les envoie en poste restante à cette adresse.

Je l’ai embrassé de joie en pleurant et jamais je n’ai remercié ainsi quelqu’un, du fond de mon cœur

Nous avons acheté les billets et nous avons voyagé sans boire ni manger pendant 72 H, on était sale comme des peignes, on avait des poux et quand nous sommes arrivé à Delhi, je me suis évanouie sur le quai

Nous avons récupéré notre argent mais on avait plus envie de continuer un aussi grand voyage après cette épreuve, alors au lieu d’aller au Népal, nous avons avancé la date de notre retour et nous sommes partis à Bénarès pour les 3 dernières semaines qui nous restaient à passer dans ce pays.






 

  

Châpitre 3

 (nous voici arrivés chez le boulanger)

 

Nous étions arrivés à Bénarès (Vârânasî en hindou) et nous avions trouvé un Lodge dans une ancienne demeure bourgeoise transformée en hôtel (merci le guide du routard). On se remettait de nos émotions et on se laissait vivre. J’aimais me perdre dans le dédale de ses petites rues, au hasard de nos promenades. C’est une ville très animée, très colorée, très joyeuse aussi si on peut dire cela d’une ville !

Un matin, nous nous promenions au lever du jour quand nous sommes tombés sur cette pauvre femme morte dans la rue, figée dans son mouvement de chute, on aurait dit que la mort l’avait pétrifiée sur place. Les gens jetaient sur elle des fleurs et des pièces de monnaie, j’ai compris après à quoi cela servait

La ville est au bord du Gange mais on n’y était pas encore allé ! Ce matin là on faisait une balade en attendant que les échoppes ouvrent pour pouvoir déjeuner, habituellement un thé,  du riz, des légumes épicés à vous faire pleurer, des fois du poisson mais quand on voyage en routard, on vit en routard et depuis des mois, on s’était habitué aux coutumes locales, entre autre la nourriture très épicée et celle de manger avec les doigts. C’est un plaisir que j’ai découvert là bas et beaucoup apprécié car le toucher entre alors dans les sensations et s’ajoute aux yeux et au goût et ils ont leur importance pour sentir  la chaleur, la texture… Et puis cela évite de tomber malade avec l’eau douteuse de la vaisselle puisqu’on mange sans couvert, dans des assiettes en feuille de bananier qui sont ensuite jetés dans la rue pour les vaches et les cochons

Bref, ce matin là cela sentait le poulet grillé et aiguisait nos narines, alors comme on avait faim, on a suivi l’odeur dans les méandres de ruelles et tout à coup, un spectacle délirant !

Les Ghats ( des accès au fleuve avec des marches en pierre qui descendent dans l’eau) et des centaines de gens qui se baignaient et sur notre gauche des images qui tuent l’âme !

Des bûchers immenses dressés vers le ciel, certains en construction, certains déjà allumés, nous savions que c’est une ville sainte où ont lieu les crémations mais les découvrir comme cela, alors que nous avions faim et que nous étions attiré par l’odeur de ce que nous pensions être de la nourriture, j’ai cru que j’allai me sentir mal !

 

Il y avait de petits groupes, qui attendaient avec leurs morts. Les morts arrivaient sur des brancards de bambou,  accompagnés par la famille qui scandent les chants sacrés. Pas de femmes bien sûr, elles ne sont pas les bienvenues ici aussi  et un obstacle à l’aboutissement de la démarche (vous comprenez mieux pourquoi je vivais mal le fait de parler pour deux)

C’est tout un rituel et j’ai cherché à comprendre pour atténuer les images que mes yeux enregistraient

Un des membres proches du défunt se fait raser le crâne sur place et tient le flambeau qui allumera le bûcher. Les morts étaient  recouverts d’un linceul coloré et de fleurs et quand le bûcher était prêt le corps était déposé au sommet et la famille restait, chantait et priait jusqu’à la fin de la crémation. La mort n’est pas un moment triste comme chez nous puisque c’est le passage d’une vie à une autre ! La crémation permet de libérer l’âme des morts et d’atteindre le Nirvana et après les  cendres sont jetées dans le Gange

A cet endroit de la ville, nuits et jours ne cessent de se consumer des dizaines de cadavres,

C’est une véritable industrie et un vrai commerce, une chaîne qui commence avec la livraison

du bois jusqu’à la consumation des corps. Il faut voir les tas de bois empilés, le bureau où se font les achats et le travail des ouvriers de la mort et si vous rajoutez les familles, cela fait du monde sur la vaste place du marché de la mort !

Mourir permet de passer à quelque chose de meilleur, mais comment se fait le chemin ?

Plus la famille est riche et plus le bûcher est grand et plus la crémation est belle. Plus le mort

est connu et plus le défilé est important et si tu n’es pas riche, alors tu ne viens pas mourir ici car en fait les gens choisissent s’ils le veulent de mourir da ns une ville sainte et prévoient leur crémation

Mais comment font alors ceux qui ne le sont pas ?

 

C’est là que survient l’horreur !  Si tu n’es pas assez aisé alors tu ne te fais pas brûler et tu attends sagement le chemin de ton destin, où alors tu prends des risques

Tout d’abord le premier est de partir pour l’au-delà pas entièrement prêt !

Mais pour moi, ce fut l’horreur de voir le feu qui  atteint le corps et le démange, et  le gars équipé d’une grande pince qui rassemble les morceaux au milieu du foyer, qui replace le corps où un membre dans le feu afin qu’il soit entièrement brûlé.

L’indicible arrive quand la famille  est pauvre, car le bois devenu une denrée rare passe par le commerce et la pesée, eh oui, il faut payer pour sauver son âme  et le prix n’est pas à la portée de tout le monde !

 Alors, c’est un bûcher insuffisant pour te brûler complètement qui t’enverra dans l’au delà, ou alors il existe  un bûcher collectif et je n’oublierai jamais ces images de corps qui brûlent et se déforment sous les flammes et lorsqu’ils sont jetés dans le Gange, ils ne sont pas tout à fait consumés.

 Pire, les femmes enceintes, les Sâdhus, les victimes de la lèpre et les enfants ne peuvent pas atteindre la libération par la crémation car elle leur est refusée. Alors immergés, on les leste directement dans les eaux du fleuve !

Voir des morceaux de corps flotter au milieu des cadavres de vaches et voir les gens faire leurs ablutions et boire cette eau, non il faut le voir pour le croire

Mais ce que je’ n’oublierai jamais c’est qu’un corps humain qui brûle et bien cela ressemble à l’odeur d’un poulet à la broche ! 

 

 
 

 

Châpitre 4 

DERRIERE LA MISERE SE CACHENT DES TRESORS

 

J’ai l’impression de prendre ce voyage dans le mauvais sens et de ne pas vous avoir révéler aussi les beautés qu’il recelait !

 

LA MAGIE DES COULEURS

L’Inde est un pays  aux multiples visages et dans ce pays tout est épicé, des couleurs aux odeurs C’est en lui que j’ai découvert mon amour pour les couleurs !

 Là-bas tout est coloré, les paysages ocrés du Rajasthan, la région des pierres précieuses, les pierres qui  abondent dans  les chopes de Jaipur (la ville rose),  Le moindre petit commerçant arrive à vous sortir de ses poches des petits sachet de papier de soie qu’il déplie à la lumière des bougies et en peu de temps, vous vous retrouvez dans la caverne d’Ali Baba et vous pouvez acheter de belles pierres à faire monter, mais attention de ne pas se faire refiler du verre coloré ou de se les faire substituer lors du montage. La ville est remplie de centre d’expertise où vous pouvez vous rendre avec l’acheteur mais comme beaucoup sont des ventes  illégales, il faut oser risquer, j’ai ramené une seule pierre (un petit rubis cabochon que j’ai fait monter sur une bague que j’ai dessinée) 

Les canaux verdoyants du Kerala où la végétation est luxuriante avec ses bateaux taxis qui circulent parmi les jacinthes d’eau et transportent les autochtones d’un village à l’autre mais aussi  les voyageurs comme nous ou  les enfants qui vont à l’école

Les montagnes du sud de l’inde. Où la végétation extraordinaire  est à la taille démentielle de ce pays. J’ai vu des arbres s i grands que les gens qui s’affairaient à leur pieds semblaient des fourmis

Des multitudes de fleurs multicolores que se mettent les femmes dans les cheveux, qu’elles enfilent en l colliers ou qu’on dépose à pleine brassées devant les temples  que l’on trouve partout pour chaque Dieu et pour chaque occasion, même dans les taxis ou les bus il y a de mini temples pour déposer les offrandes que l’on fait à chaque voyage (vous verrez pourquoi plus tard °

Les couleurs vives et chatoyantes des saris des femmes, il existe des tissus de toute beauté, celles des bijoux sur leur peau dorée,  des petits piercings sur le nez  ou des dizaines de bracelets de verre qu’elles portent au bras et aux chevilles

C’est un ballet multicolore  incessant devant les yeux

 

LA MAGIE  OU  L’ENFER  DES  ODEURS

Toutes ces plantes et ces fleurs magnifiques servent aussi à faire des parfums, des onguents médicinaux, des encens et des huiles parfumées pour le massage ; On en trouve partout, les femmes s’en imprègnent les cheveux, massent les petits enfants  dans la rue ou durant les transports. Si vous avez un problème, vous allez voir un genre de rebouteux qui vous prescrit des onguents ; L’encens se brûle presque  partout, maisons, boutiques, temples…..et il y a des centaines de parfums différents

Toute la journée, il y a de petites chopes qui servent à manger et les odeurs sont alléchantes et succulentes et les goûts aussi même s’il vous faut ne jamais oublier votre mouchoir car le piment est si fort que vous pleurez en mangeant et cela m’a tenu pendant tout le voyage, mais j’ai su qu’il avait une vertu thérapeutique.

Les odeurs moins drôles : 

Celles de la rue où il fait 35 à l’ombre,  des caniveaux qui évacuent les eaux usées, celle des bouses de vaches qui déambulent et je vous jure que le mythe de la vache sacrée n’est pas inventé car j’ai vu des bus et des taxis klaxonner comme des malades des fois pendant un temps interminable pour bouger ce demi Dieu qui se prélasse parfois couché et ne daigne pas se lever et pas question de la frapper, plutôt mourir ou être puni par le Karma. Mais les vaches ne sont pas les seules, il y a aussi des espèces de cochons noirs et eux ce sont les éboueurs qui nettoient les rues de ses déchets et comme en général le peuple mange dans des feuilles de bananiers,  rien ne se perd et les pauvres bougres ont aussi à leur charge les latrines et ils trainent parfois dans la fosse juste en dessous, de quoi vous rendre constipé pendant le premier mois, attention ce n’est pas le cas dans les villes mais c’est pas terrible non plus car on y trouve des WC bizarres, je n’en avais jamais vu ainsi : une version des nos WC cuvette avec sur le rebord l’empreinte des pieds des WC à la turc. Ils ont de drôles d’idées ces indiens ! Bon revenons à nos moutons pour découvrir la dernière beauté

 

LA MERVEILLE

Elle se trouve à Agra, le TAJ MAHAL bien sûr ; Je l’ai vu la première semaine de mon voyage car il  se trouve pas loin de Delhi et quand nous avons franchi la première porte de son enceinte, j’ai ressenti une émotion en moi comme le poids d’un lourd mystère et d’une magie et quand je l’ai aperçu comme vous le voyez, je me suis arrêtée tellement j’étais subjuguée ! Je suis restée à Agra 3 jours et pendant 3 jours, je suis revenue le voir

sous toutes ses lumières, au lever du jour quand le marbre prend sa teinte dorée , au clair de lune quand il dévient diaphane et presque translucide, au coucher du soleil quand le marbre se teinte de rose…Un joyau  d’architecture comme j’en en ai jamais revu, un palais de marbre blanc incrusté de pierres précieuses et semi précieuses. Franchement, c’est le plus beau monument que j’ai vu dans le monde. 

Avec une petite histoire pour les cœurs tendres comme le mien mais moins cool pour son pauvre architecte ! Une version simple et romantique à souhait dit que  l’empereur qui a fait construire ce palais le voulait à l’image de l’amour qu’il éprouvait pour la jeune femme qu’il adorait et qu’il avait perdu. Après avoir vu d’innombrables architectes, il en trouva un dont les plans lui convenaient, il le fit prisonnier et il fit tuer sa fiancée pour qu’il puisse comprendre sa douleur et réaliser le joyau qu’il attendait et à la fin, il le fit tuer pour pas qu’il puisse un jour le copier. Je n’ai pas vérifié la véracité de ces faits mais l’histoire m’a plu alors je l’ai gardée pour avoir aujourd’hui le plaisir de vous la raconter

En tout cas, il est très difficile de raconter la magie et la beauté qui émanent de ce monument, aujourd’hui hautement protégé (c’est sûr que vous n’allez pas ramener une miette de pierre incrustée) !

 

 

 Châpitre 5

 

5) LE  MEILLEUR  EST  POUR  LA  FIN

Après avoir mangé le pain, il reste les miettes croustillantes

 

PETITES HISTOIRES DE PAUVRES

A Bénarès, j’ai aussi vu des bateaux chargés de graviers qui arrivaient. Dès qu’ils étaient à quai, une espèce d’échelle les reliait aux quais, longues de plusieurs mètres et des gens surtout des enfants portaient un récipient sur leur tête et montaient et descendaient ce chemin jusqu’à épuisement du stock de gravier. Certains étaient très jeunes 8/10 ans et je me suis attardée pour voir et comprendre que leur solde était un plat de riz unique le soir et 50 Cts

J’ai vu aussi au cours de ce voyage des femmes assisses au bord des routes au pied d’un tas de pierre qui cassaient ces pierres avec un burin pour remblayer les trous et des enfants travailler dans les ateliers de couture.

 




PETITE HISTOIRE DE BUS

Dans la gare routière, il faut être très rapide et dès que le bus choisi arrive, il faut courir et jeter par les fenêtres (qui n’ont point de vitres mais des barreaux horizontaux) une écharpe où un vêtement quelconque pour réserver une place assise car si tu attends de monter dans le bus, soit tu voyages debout, ou sur le toit soit tu es quitte pour attendre les prochains

C’est la première fois où j’ai vu des pneus rapiécés, je veux dire recousus et tu hésites à monter dans le bus surtout quand il part pour la montagne. La première fois, je me suis demandée pourquoi le chauffeur s’arrêtait au sommet au bord d’un petit temple et faisait une prière. Quand nous avons attaqué les lacets de la descente, j’ai compris, il régnait un silence de mort dans le bus, le chauffeur pour économiser l’essence mettait le véhicule en roues libres et on entendait le bruissement des tôles de la carcasse

Quand une indienne un jour m’a attrapé le bras qui dépassait un tout petit peu par les barreaux, je me suis demandé aussi pourquoi et quand nous avons croisé un autre bus, j’ai réalisé que l’espace entre les 2 véhicules se mesurait en cm

Les fenêtres ont des barreaux pour que l’air puisse y être respirable et lors de brefs arrêts, cela permet la vente à la sauvette de fruits ou boissons sans descendre du bus

Un jour dans les montagnes du Rajasthan, nous n’avons pas pu prendre le bus que nous attendions depuis des heures car il était bondé, je veux dire qu’il y avait plus de personnes accrochées aux portes et sur le toit que dans le bus. Nous avons attendu le suivant et rattrapé le précédent, enfin juste aperçu avant qu’il ne se renverse dans le ravin après un virage en épingle, sans doute déséquilibré par la charge. Arrivé dans le village, nous avons fait une petite prière pour l’avoir raté !

 

PETITE HISTOIRE DE CHIEN

En Inde point d’animaux domestiques, pas vu de chat mais des chiens oui ! Tous errants, car suivant la réincarnation ce sont les esprits des brigands, donc de mauvaises gens et c’est un animal souffre-douleur. Les gens les attrapent quand ils sont énervés et les martyrisent pour se défouler !Des fois, on les entend hurler presque tout le jour ! Ils sont tous faméliques et se regroupent en bande la nuit venue. S’ils se terrent la journée, la nuit est leur domaine ! Un soir dans un petit village, en rentrant nous en avons vu en bande et au début on ne s’est pas inquiété mais plus on s’approchait et plus ils grognaient et on ne pouvait les éviter puisqu’ils nous barraient le chemin, mais ils sont devenus vraiment hargneux et menaçants et un indien qui avait un bâton s’st approché en criant et les a chassés.  Après nous ne promenions plus sans bâton la nuit

 

 

PETITE HISTOIRE DE FOU

L’inde est le pays le plus bruyant que j’ai visité ; ils sont nombreux d’accord mais dans les rues, c’est la folie, entre les piétons, les vaches, les rickshaws, les taxis et les bus, ya que le klaxon ou les cris alors c’est à qui s’en donne le plus à cœur joie. Les seules qui les ignorent sont nos amies sacrées les vaches et elles bougent juste une oreille et encore et quand elles veulent squatter la chaussée et bien tout le monde reste derrière

Des fois, je me réfugiai dans ma chambre d'hôtel car je ne supportais plus le bruit qui me martelait le crâne lorsque nous restions plusieurs jours en ville et si vous ne supportez pas le vacarme, il ne faut pas choisir ce pays car le bruit et la pollution sont les fléaux des grandes villes (quand je parle de bruit, je veux dire boucan infernal et pollution, vous êtes dans le brouillard) 

 

PETITE  HISTOIRE DE FLIC

Pas vraiment sympas les flics, surtout quand tu voyages par tes propres moyens et tout le monde sait qu’en Inde la drogue est omni présente mais t’as pas besoin d’acheter à fumer pour te faire emmerder ! Des fois on frappe à ta chambre et quand tu ouvres, tu vois 2 flics qui rentrent et se mettent à crier et à tout retourner. D’un seul coup, ils te sortent un soi-disant morceau de Haschisch, du plafond, ou d’un quelconque endroit et te menacent de t’emmener ! Le seul mot qu’ils connaissent : Bakchich (traduction, du fric où on t’emmène au poste) et pas besoin d’avoir vu Midnight Express pour te laisser convaincre qu’il vaut mieux payer  que de tester la prison en Inde et ils arrondissent ainsi leur salaire ! 


PETITE HISTOIRE DE FEMME
 

L’inde est un pays où il plus facile de voyager seule en tant que femme (pour mon voyage en tout cas)! Les indiens ne respectent pas forcément la femme mais ils craignent pour leur vie spirituelle, alors s’ils fautent ou te touchent ou juste essaient, tu leur parles de Karma car toucher une femme est salement vu et une crainte qui fait presque sourire quand tu vois leur expression changer et leurs visages blêmir. En général, ils deviennent des anges ! Par contre, j’ai rencontré des hommes qui se sont fait dépouiller sans aucune vergogne et le pire est la nuit quand tu voyages en bus ou en train. Dès le soir tombé, tu sens dans ton sommeil des mains te faire les poches, alors tout sur le cœur, dans une pochette accrochée au tour du cou et pour l’argent, ce sont les filles les gardiennes et les soutien- gorges, les meilleurs coffres-forts car ils n’oseront point y toucher et même les flics n’ont pas le droit de fouiller les femmes et des flics femmes, il n’y en avait pas quand j’y suis allée

 

Cela vous fera peut être sourire car il n’y a rien de nouveau dans ce récit, mais cela permet d’ouvrir les yeux sur ce monde et de se dire que nos galères ne sont que des grains de sable dans l’océan du monde

Les voyages forment la jeunesse disait Ulysse et bien moi, je dirai qu’ils peuvent aussi changer la vie ! Ce voyage  a été le premier mais il m’a donné envie de courir le monde pendant quelques années et je peux vous dire que le voyage est la plus belle classe dans l’école  de la vie ! D’eux j’ai tant appris

Quand j suis rentrée en France après 5 mois de voyage,  j’ai trouvé la vie et surtout notre pays très triste ! D’accord on sortait de l’hiver mais ce n’était pas là le malaise, c’est qu’il n’y avait pas de couleur dans la vie, dans les villes et surtout dans le cœur des hommes, tout paraissait si terne surtout les êtres humains déambulant dans leur quotidien fade, on les aurait dit  blasés par leur vie et leurs soi-disant misères. Alors je repensais à ceux de là bas, dans leur pauvre vie qui souriaient, je me sentais coupable pour nous, pour notre manque de gaité, pour nos plaintes incessantes, pour nos petites misères !

Je revoyais ces enfants exploités qui t’affichaient un sourire émouvant parce que tu leur avais adressé un instant de bonheur ou donné si peu de toi ! J’ai eu honte de moi et de ma vie privilégiée plein de fois au cours de ce voyage !

 

Aujourd’hui quand j’entends des gens se plaindre alors que nous vivons dans un pays doré et que nous sommes hyper protégés, j’ai envie de leur dire, mais allez voir dans le monde, ouvrez vos yeux, regardez, sentez voyez comme la vie est différente pour tous et très injuste pour certains ! Choisit-on de naître dans les pays en guerre, dans ceux du tiers monde ? Non, alors cessons de nous plaindre et soyons heureux d’être en vie et surtout ici ! Eux changeraient bien de place mais vous ?

                                                  

 

Par fransua - Publié dans : Nouvelles - Communauté : papierlibre
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Commentaires

Merci. Merci pour ce voyage raconté d'une manière naturelle fourmillant d'anecdotes pour lesquelles je me suis senti témoin, voire même acteur.
Merci pour les photos qui succitent l'envie.
Merci pour la conclusion qui nous remet à notre place.
Merci.
Commentaire n°1 posté par clo-clo-78 le 04/05/2009 à 23h51
J'ai dévoré ton récit. Ton aventure a été bien différente de la mienne. Je pense nénmoins que les choses ont un peu changé depuis, même si j'ai vu la misère et les lépreux que tu décris. J'ai surtout eu le privilège de faire en famille et d'être dans une ville non touristique.
Commentaire n°2 posté par Toujoursplus le 14/04/2009 à 16h38

mon com a disparu, je te disais que nous avons fait des voyages très différents et j'ai traaversé presque toute l'Inde sans y connaître personne et avec le recul je ne sais si je le referai ! Bon tant liaux si les choses ont changé car Gandhi n'aura pas lutté pour rien

Bises et bonne soirée

Réponse de fransua le 14/04/2009 à 18h22

J'aime bien ce carnet de voyages en plusieurs épisodes.... La misère on la voit à la télé mais ce n'est pas pareil... Je me rappelle la première fois que j'ai mis le pied en Afrique... Un choc pour moi aussi....
Je comprends donc tes réactions.
J'ai déposé quelques mots sur mon quai..... Bises

Commentaire n°3 posté par Eglantine le 12/04/2009 à 19h04
ce n'est jamais pareil de savoir qu'une chose existe et être confro,nté à elle et j'imagin que l'Afrique a de quoi surprendre et émouvoir, je vais voir chez toi
Bisous
Réponse de fransua le 13/04/2009 à 19h27
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Commentaire n°4 posté par Tendre Espérance le 12/04/2009 à 15h54
tes illustrations sont aussi jolies que ton blog
Je t'embrasse
Réponse de fransua le 13/04/2009 à 19h26
Une grande aventure, joliment raconté.
Bisous Fransua et bon dimanche.
Commentaire n°5 posté par Douar_Nevez le 12/04/2009 à 14h49
Bon dimanche à toi aussi, ce voyage est loinmais il est resté présent dans ma tête (la preuve !)
Réponse de fransua le 13/04/2009 à 19h25
Wooooow, sacré histoire, j'ai voyagé pour un moment avec toi !!!
Bon weekend et gros bisous!!!
Commentaire n°6 posté par Tendre Espérance le 11/04/2009 à 23h06
Merci de m'avoir suivie dans l'immensité et les dédales de ce pays
Bises
Réponse de fransua le 13/04/2009 à 19h19
Quel périple!
Commentaire n°7 posté par Enriqueta le 11/04/2009 à 19h29
oui, cela fait longtemps que je voulais l'écrire
Bon WE
Réponse de fransua le 11/04/2009 à 19h41
Embarquée dans ton voyage, j'en oublie l'essentiel, même si on ne se connait pas, le début de ton récit évoquant une opération, ( je ne pense pas que c'est juste pour la petite histoire) ... alors j'espère que tout va bien  et que tout s'est bien passé?
Je reviendrait prendre des nouvelles
Tine
Commentaire n°8 posté par tine le 11/04/2009 à 11h44
Oui c'est vrai depuis 1 an j'ai eu des petits ennuis mais pas grave en comparaison d'un cancer, alors je relativise et le moral est le meilleur des remèdes contre toutes nos misères
Merci pour ton inquiétude
Réponse de fransua le 11/04/2009 à 19h43
Bonjour Fransua,
j'ai lu avec beaucoup d'intérêt ce récit de voyage et cela m'a ramenée pas mal d'années en arrière quand j'ai fait mon tout premier grand voyage aussi, pas en Inde mais à Ceylan (Sri lanka)
j'y ai vécu, les mêmes impressions, la foule à la sortie de l'aéroport, la misère ambiante, les mendiants, lépreux, les rencontres insolites et la gentillesse de ce peuple, les rites religieux, les bus déglingués, les trains, bref tout ce que tu as  si bien évoqué!
Ce voyage m'avait fait "grandir"  !
Bravo pour ce récit!
Tine
Commentaire n°9 posté par tine le 11/04/2009 à 11h38
il est des choses qui changent notre vision de la vie et c'est bien car c'est la plus belle des écoles
Réponse de fransua le 11/04/2009 à 19h44

Je vais repasser lire cette nouvelle tranquillement.
Je te souhaite de passer un excellent weekend de pâques.
Je t'embrasse

Commentaire n°10 posté par papillon le 11/04/2009 à 07h39
Au plaisir de te faire partager moi aussi un voyage et il y en a eu d'autres mais pas écrits, juste des carnets ... Bises (j'adore ton voyage dans le désert car on doit se sentir si petit et si humble devant cette immensité qui recèle à prioir tant de beautés)
Réponse de fransua le 11/04/2009 à 19h48
et bien, tu nous emmènes dans un pays si contrasté... D'un côté la misère, de l'autre l'opulence... Ta façon de raconter tes souvenirs, est très vivante , pour un peu, je m'y serais crue... Quel voyage... Jamais je n'aurais oser faire un si long voyage, et si jeune... Mais, c'était en quelle année? Tes parents ont dû être morts d'inquiétude... N'as-tu pas ramené de là-bas des problèmes de santé?... Pas d'hygiène, mauvaise nutrition, lèpre, etc... BRRR, j'en ai froid dans le dos...
Commentaire n°11 posté par Babeth le 11/04/2009 à 00h54
J'ai eu une âme d'amazone très jeune et ce voyage a été pour moi initiatique car il m'a permis ensuite d'affronter les galères de ma vie avec philosophie ! Bien s$ur je suis rentrée très maigre et avec des petits bobos qui s'étaient infectés mais rien de grave et pour ton info, j'ai quitté ma famille et ma région à 18 ans et je n'ai compté que sur moi et j'ai revu ma famille au bout de 5 ans (j'ai mal vécu mon ado et il a fallu cette coupure)
Réponse de fransua le 11/04/2009 à 19h52

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