
Il n’y a pas si longtemps tu es parti
Une nuit où la neige avait tout enseveli
Où le froid avait engourdi les bruits
Pour cela on n’a pas entendu ton cri.
Dans ton abri de fortune, tu t’es assoupi
Juste avant Noël, ton cœur trop meurtri
Dans le froid à jamais s’est endormi
Sans amis et dans le mépris tu es parti.
Ne jamais parler de cela, de cette nuit
Pour ta fierté, je me l’étais promis
Mais cela me ronge et me réveille la nuit
Je ne peux pas sans rien dire te quitter ainsi.
Je n’ai même pas pu te dire au-revoir
Quand j’ai su ton départ, il était trop tard
Tu t’es fait emporter par ton désespoir
Tu es mort seul dans une nuit bien noire.
Il y a longtemps que l’on ne t’avait pas vu
Tu avais choisi de tout quitter et avais disparu
Nul ne savait ce que tu étais vraiment devenu
De la rue, on n’en a jamais rien su.
Tu es parti sans rien nous dire de ta vie
Mais comme accusation il n’y en a de pire
Que le silence qui nous rend coupable
De ne pas avoir su te sortir de ta vie minable.
Il m’a fallu des mois pour accepter ton trépas
Pour que ma douleur se transforme en mots
Pour te dire qu’ici tout est encore très beau
Et que tu es parti beaucoup trop tôt.
Aujourd’hui quand je vois un homme dans la rue
Mon cœur saigne devant la misère si crue
Devant ton souvenir, mon âme se met à nu
Pour te dire, Adieu mon frère que j’ai si mal connu
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