Pour les "mots de tête
n°15" de Bruno, il nous propose d'écrire une rondibelle (petit poème du XVII
de 2 alexandrins dont doit se terminer par un prénom et l'autre par le nom d'un plat cuisiné
Ce matin, "Au tord Boyau" » sous la houlette de Maître Bruno, on s’active pour préparer le menu de ce
dimanche. Aujourd’hui le menu devra se déclamer en « Rondibelles ». Qu’est ce que vient faire la poésie dans le menu ? Voyez donc
cela avec le chef
Celui-ci a rassemblé toute sa petite troupe :
Il taquine la belle petite Minouche
Creuse-toi la cervelle pour les mises en bouche
Il interpelle ensuite son commis Etienne
Couleur et goût pour la salade norvégienne
Se tailler la belle pièce, c’est moi Bruno
Rossini va me jalouser mon tournedos
Trouvez-vous donc cela rigolo Séraphin
Allez donc aux fourneaux concocter un gratin
Et s’il vous plait, dîtes en passant à Mireille
De nous faire sa meilleure tarte aux groseilles
Pour les cocktails, cafés gourmands ou trous normands
Mais où est donc passé ce bougre de Ronan ?
Tout est enfin prêt, voilà le préfet Eugène
Pour l’accueillir Bruno a sorti le chouchen
Sylvère s’est réveillé de mauvais
poil
Grelottant à cause de la panne de gasoil
Du coup tout s’enchaîne de travers
Et ses beaux projets tombent par terre
Hier dans sa fourrure il a fait un accroc
C’est de la faute à ce morceau de carreau
Ce matin le canari l’a traité de papy pervers
Et a disparu dans la voiture de la grand mère
Plus d’adversaire à se mettre sous la dent
Seul avec le chien, ça va pas être marrant
Le festin tant convoité restera une chimère
Il va falloir taquiner la souris, quelle galère !
En plus, à cause de son petit bedeau
Mémère le prive de tournedos
Pauvre petit con de véto
Pourquoi pas un bol de boldo ?
Sylvère se sent sacrément vieux
Soudain il bondit n’en croyant pas ses yeux
Mémère revient avec un couple de canaris
Deux titis et voilà Sylvère ragaillardi !

Il était un drôle d’escalier
J’vous jure, dangereux de l’emprunter
Il était un drôle d’escalier
Une marche par jour, un palier par année
L’escalier est en colimaçon
C’est pas fait pour les mollassons
L’escalier est en colimaçon
Les marches pleines de malfaçons
Si vous voulez y grimper
Le temps vous risquez de remonter
Si vraiment vous insistez
Vous risquez bien d’avoir mal aux pieds
Petit pierre y est monté
J’lui avait bien dit qu’il fallait pas y aller
Petit Pierre y est monté
Il a des ampoules plein les pieds
C’était un drôle d’escalier
Qui vers les souvenirs le menait
C’était un drôle d’escalier
Qui en arrière le ramenait
Petit Pierre a fait un faux pas
Il a glissé sur les traces du passé
Petit Pierre s’est vite relevé
Et prudemment il est revenu en bas
Cet escalier est un vrai danger
Faut faire gaffe de pas tomber
J'vous jure que c’est un drôle d’escalier,
Réfléchissez bien avant de
l’emprunter
Thècle s’est enfermée pour choisir sa destinée
Soit elle vivra comme la Sainte à qui elle doit son nom
Et elle parcourra le monde de la Perse à Roubaix
Et se verra vénérée et statufiée dans le monde entier
Mais c’est pas très drôle de servir de support au lierre
Même pour avoir les bonnes grâces de Saint Pierre
Si de la virginité elle ne veut pas elle sera ce beau mâle
Qui dévore le printemps de la vie comme un cannibale
Mais avant d’être un virtuose, il risque une névrose
Car avant elle souffrira les affres de la métamorphose
Avant de butiner le nectar de ses belles et de batifoler
Vilaine chenille elle sera pour devenir prince au cœur léger
Pas facile de trancher entre la vie d’ascète
Et celle débridée d’un beau mâle de la jet-set
Choisir une vie trépidante et éphémère
Ou glorieuse mais quand même amère
Souffrir le martyre pour gagner la Sainteté
C’est pas gagner d’y trouver la félicité
Ah quel dilemme, de devoir choisir son destin
Thècle regarde la chenille et de penser s’abstint
Soudain lui vient cette drôle de petite idée
Cà y est Thècle a enfin décidé sa destinée
Ni une Sainte, ni un papillon elle sera
Mais Déesse et dans l’antiquité elle vivra !
Thècle ouvre la porte et respire à pleines brassées
Pour savourer ce que sera sa destinée !
Et encore moins un Saint
De toute religion il s’abstint
Ce n’est point non plus un écrivain
Il serait plutôt bête à manger du foin
Remarquer notre bon Sidoine
Préfère de loin manger de l’avoine
Et à l’occasion quelques pivoines
Il affectionne les visites du patrimoine
Car il adore courir sur les sardoines
C’est bien normal pour un cétoine
- Hé Bruno, attends, attends-moi, je veux venir avec toi
- Mais où veux-tu aller ?
- Là haut
- Mais où cela, là haut ?
- Là haut, dit l’enfant en montrant le ciel de son doigt
- En haut de la tour Eiffel ?
- Mais non ! là haut tout là haut
- Tu veux grimper au sommet du Mont Blanc
- Non, non plus haut encore !
- Tu veux aller au sommet de l’Everest ?
- Mais non c’est trop petit, c’est juste le toit du monde, c’est pas assez haut
- Trop petit, pas assez haut mais où veux-tu aller, Bon Dieu ?
- Je ne t’ai pas dit que je voulais aller aux Cieux, je veux aller là haut !
- MAIS C’EST OU LA-HAUT ? ?
- Mais là-haut, dit l’enfant qui fond en larmes
Bruno regrette aussitôt d’avoir élevé la voix
- Mais je ne sais pas où c’est ton « là-haut » ?
- C’est un endroit encore plus haut que haut ! Si haut que jamais personne n’y est allé
- Mais alors personne ne peut l’atteindre !
- Si toi !
- Comment cela moi ?
- Ben je ne sais pas moi, on dit que les grandes personnes savent toujours tout. Alors on y va ?
- Mais on va où ?
- J’ai une idée Bruno, prends une gomme et viens. On va monter sur mon nuage et puis on gommera l’échelle, comme cela plus rien nous empêchera de monter encore et toujours plus haut sur les ailes du vent. Tu es prêt ?
- Oui
- Mais non t’as pas pris ta gomme !
On recommence
- Bruno, Bruno ?
- Non je veux pas venir avec toi, t’as vu la quantité d’échelons à gommer ?
- Papa, Papa on va être en retard cela fait une ½ heure que ton réveil sonne
Bruno regarde bêtement l’enfant qui en souriant lui dit :
- T’en as une tête ce matin, t’es resté coincé là-haut !
- Où cela là-haut ? demande Bruno inquiet
- Mais là-haut, tout là-haut où c’est encore plus haut que haut et puis comme t’as effacé les barreaux tu peux plus redescendre….. Pauvre papa, tu es condamné à avoir la tête dans les nuages. Tu crois que tu pourras quand même me conduire à l’école ? Il faut que je retrouve ma gomme magique !
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